Compte rendu d’une rencontre avec Monsieur LAIGO

Compte rendu d'une rencontre avec Monsieur LAIGO, Directeur Commercial et Communication de Groupe Formation Systèmes (centre de formation):

Conseils d'un ancien Recruteur sur le
recrutement et sa préparation :
comportement à adopter; points clés...


L'association "18-30 Insert-Export" a organisé (le 12 décembre 2001 ) une réunion animée par Monsieur LAIGO, Directeur Commercial et Communication de Groupe Formation Systèmes, proposant entre autres deux formations européennes présentées sur notre site. Une troisième formation professionnalisante en E-Business mise en place par le Groupe vous sera bientôt exposée.
Nous avions demandé à Monsieur Laigo s'il pouvait rencontrer les adhérents de "18-30 Insert-Export", chercheurs de poste "à l'international", afin de leur faire bénéficier de son expérience de Commercial et surtout d'ancien Recruteur en leur donnant des conseils concrets, exercice auquel Monsieur Laigo s'est aimablement et efficacement prêté.


L'objectif de la rencontre était de permettre aux adhérents de mieux connaître les méthodes et les tenants et aboutissants de tout recrutement, ainsi que de les inciter à bien se connaître eux-même, afin de s'y préparer au mieux.
Ces conseils sont bien sûr aussi importants pour les chercheurs de poste-export que pour tout chercheur de poste.

En organisant ce type de réunion, nous souhaitons renforcer notre rôle d'interface entre chercheurs de poste et entreprises, les premiers pouvant ainsi entrer en contact direct avec les Responsables d'entreprises.

Participants : au final trois adhérentes ont pu participer, et ce de façon active, à cette rencontre (accompagnée par Stéphanie Gomez, responsable de l''encadrement des adhérents et animatrice de ce site).
Elles ont trouvé cette réunion très constructive et comptent en tirer des leçons concrètes.

Les principales questions traitées ont été les suivantes :
- 1) Les techniques de recrutement : évolution, situation en Europe;
- 2) Les questions de l'employeur sur la personnalité : "trappes" ou opportunités ?;
- 3) Le comportement du candidat : ce qu'il faut maîtriser, faire...;
- 4) Un critère clé de sélection : les "potentialités";
- 5) CV : le "Divers" est une partie essentielle.



Avertissement quant à la rédaction de cet article :
Nous nous permettrons de reprendre quelques expressions ou mots utilisés par Monsieur Laigo (mis entre guillemets), qui ont le mérite d'être aussi pédagogiques que percutants !
NB : Les expressions et phrases mises entre guillemets ne correspondent pas toujours mot à mot à ce qui a été dit, mais elles respectent le sens des propos de M. Laigo, dans la mesure où cet article lui a été soumis pour validation.


- 1) Les techniques de recrutement : évolution et situation en Europe

Ces techniques ont beaucoup évolué depuis les années 70.
Au fond, recruter consiste, ni plus ni moins, qu'à rechercher et embaucher quelqu'un qui, pense-t-on, "correspondra à la mission" confiée.

L'influence du contexte économique :
Tandis que la croissance engendre la confiance, a contrario la crise incite à la méfiance. En effet, en temps de crise, il est "tentant de faire peser", de manière plus ou moins fondée, la "responsabilité par exemple sur le Commercial", qui n'a pas le droit à l'erreur. Et s'il y a lieu de le remplacer, la sélection de son successeur sera souvent draconnienne.

Anisi les années 90, caractérisées par des difficultés d'insertion professionnelle, ont été marquées par le développement de méthodes de sélection que l'on peut qualifier de parallèles, telles que la graphologie, l'astrologie...
De façon générale, ces méthodes se sont imposées et affinées.

Selon Monsieur Laigo, le recrutement s'effectue d'ailleurs en grande partie sur des éléments assez subjectifs : les recruteurs font appel à leur "intelligence sociale", à leur "aptitude à sentir les gens".

Qu'en est-il ailleurs en Europe ?
Ces techniques diffèrent dans les pays anglo-saxons, qui utilisent beaucoup plus les tests collectifs, qui sont moins admis chez les latins, dont la fierté parfois exascerbée pourrait être heurtée par des résultats négatifs à ce genre de jeu compétitif !

- 2) Les questions de l'employeur sur la personnalité : "trappes" ou opportunités ?

Les employeurs cherchent toujours à étudier la personnalité des candidats, c'est-à-dire leurs qualités et leurs défauts, mais aussi les difficultés qu'ils ont pu rencontrer et la façon dont ils les ont surmontées.

Doit-on se sentir piégé quand l'employeur pose une question du type : "Pourquoi avez-vous échoué à tel examen ?"
Un candidat est comparable à un "produit", comportant disons "80% de bon" et "20% de mauvais". Comment se positionner par rapport aux 20% de mauvais (défauts) ? Il faut les connaître, ne pas craindre d'avoir à en parler et même "aller chercher les objections" à ce sujet. Le simple fait que l'on connaisse ses défauts est susceptible d'être apprécié, et comme ces derniers ne sont souvent, ni plus ni moins, que des "qualités poussées à l'excès", il est même possible de les valoriser en tant que tels.
Exemple : je me permettrais d'apporter ici mon exemple personnel.
Lors de mon entretien d'embauche dans cette association, qui "a marché" puisque j'ai été recrutée, mais où nous étions tout de même 65 en lisse, j'avais scrupuleusement respecté l'ensemble de ces conseils. Et, en particulier, lorsque l'on m'a demandé quels étaient mes défauts, j'ai de suite su répondre que j'étais "impulsive" et "parfois pas assez diplomate". Cependant je me suis empressée d'ajouter que j'avais "pris sur moi pour agir sur ce défaut" qui était "en voie de résorbtion-surtout le manque de diplomatie". Enfin, j'ai expliqué en quoi mon côté "impulsive" avait constitué, d'un autre côté, un véritable "moteur d'action" et une énergie pour "relever les défis dans mes diverses expériences professionnelles".
Présentés ainsi, de façon posée, assumée et argumentée, ces défauts sont finalement "passés sans difficultés", voire ont intéressé...

L'important est de savoir expliquer et "rassurer" lorsque l'on est interrogé sur ses défauts. Mais cet exercice requiert une introspection préalable, qui peut même se doubler d'un audit. En effet, il est opportun de s'enquérir auprès de ses proches et de ses collègues, concernant ses qualités et ses défauts tels qu'ils sont perçus par l'extérieur. De fait, cet aspect là de l'entretien est donc également à préparer.



- 3) Le comportement du candidat


Le stress :
Monsieur Laigo a précisé que, s'il est "normal" de stresser avant les entretiens, il faut "relativiser", car si l'on n'obtient pas ce poste, on a toujours "d'autres pistes", et il faut se dire qu'au fond on a "rien à perdre".
Une des adhérentes participant à la réunion ne partageait pas cette opinion. Monsieur Laigo, comprenant son objection, a cependant insisté sur le fait qu'il était nécessaire pour le candidat de relativiser la situation, afin de maîtriser ce fond "normal" de stress et de faire en sorte qu'il ne se transforme pas en panique destructice.
Toujours en ce qui concerne le stress et ses effets, il nous a fait passer un test très instructif, consistant à nous faire trouver comment découper un carré en un certain nombre de parties en un temps limité. Il a exercé une pression sur nous, en précisant que le quatrième découpage se ferait en une minute, au lieu de 30 secondes ou moins pour les précedents. Cette information a déclenché
un certain stress chez les participantes, étant donné que nous avions dès lors pensé que ce découpage serait plus difficile à réaliser que les autres. Nous nous sommes alors un peu "emballées" et nous avons compliqué la tâche, sans trouver la solution qui était en réalité très simple.
M. Laigo a analysé cette réaction de la façon suivante : elle révèle l'influence néfaste d'un stress mal maîtrisé et de l'excès de pression, conclusion qui est d'ailleurs prise en compte par les théories sur le Management.

Qu'est-ce que le candidat peut déduire de tout cela ?
Il ne faut pas qu'il soit dominé par son stress et pour y parvenir, il faut qu'il relativise la situation de l'entretien d'embauche et plus largement celle de la recherche d'emploi. Et, dans la même optique, il doit éviter de "s'auto-pressurer" !
Cela peut paraître évident, mais nous avons eu l'occasion de constater que certains adhérents de "18-30 Insert-Export" tombaient en quelques sortes dans ce piège, en se forçant à écrire des lettres de motivation jusqu'à point d'heure le soir et en étant presque obsédés par l'urgence de trouver du travail. Ils ne prennent alors plus le minimum de temps nécessaire pour se détendre durant leur période de recherche d'emploi, et sont démesurément stressés par l'idée d'aller rencontrer un employeur. Cet état les place dans une position délicate dans laquelle ils se trouvent affaiblis, et qui diminue les chances de réussir les entretiens.


Ecouter le recruteur pour lui proposer une collaboration utile :
Lorsque l'on recherche un emploi, on a trop souvent tendance à centrer ses démarches sur ses propres aspirations, sans prendre assez en considération le fait que les employeurs embauchent avant tout en fonction de leurs besoins. C'est pourquoi il est fondamental de cerner ces derniers, et donc de commencer par les étudier.
En termes concrets, ceci implique qu'il est important voire indispensable de "poser des questions" à l'employeur qui vous reçoit, pour parfaire votre connaissance de cette entreprise d'une part, mais aussi et surtout pour montrer votre intérêt pour les projets qu'elle est en train ou souhaite mettre en oeuvre, peut-être à l'aide de votre collaboration !
De la sorte, vous vous placez, d'entrée de jeu, non plus en "quémandeur d'emploi" mais en offreur de services utiles, ce qui aux yeux de l'employeur représente une position beaucoup plus intéressante.
Pour terminer sur la question de "l'écoute" de l'entreprise et de ses besoins : pour la connaître au mieux au moment de l'entretien, il ne "faut pas hésiter non plus à demander auparavant, et même avant de rédiger la lettre, une plaquette d'information".

Ceci étant dit, les aspirations du chercheur de poste sont légitimes et comptent aussi bien entendu. Mais elles doivent s'exprimer dans un second temps, après que l'on ait pris la peine d'"écouter" le recruteur.

Chaque candidat est doté à la fois d'une "capacité à se mettre à la place des autres (empathie)", et d'une "aptitude et une aspiration à défendre ses propres intérêts" (projection)".
Quelle doit être la place respective de ces deux aptitudes et aspirations, lors d'un entretien d'embauche ainsi que dans sa phase préparatoire ?
Monsieur Laigo nous a représenté (sous forme de graphique) ces deux versants des aptitudes et de la personnalité de tout candidat et leur importance, analyse que l'on peut résumer comme suit :
Tout candidat se doit de tenter d'arriver à un équilibre entre son côté "Mère Thérésa" (empathie) et son côté "Attila" (projection), tout en commençant par faire montre de son empathie, pour ouvrir un dialogue potentiellement constructif avec le recruteur.

Sur cette base, la lettre de motivation doit comporter une première partie concernant l'entreprise; une seconde (seulement !) vous concernant et montrant la correspondance entre les besoins de l'entreprise et vos compétences et qualités; et une dernière partie proposant votre coopération en prévenant que vous allez contacter l'employeur dans ce but :c'est le plan du "vous + moi = nous => passons donc à l'action". NB : Les lettres contenant "je + je + je" ont vite fait de passer par le "classement vertical".
Par conséquent, on peut affirmer qu'une lettre de motivaton ne sert pas tant à exprimer votre motivation, qu'à "motiver l'interlocuteur à vous recevoir". Dans cette optique, il est impérieux "de prendre les devants" en demandant un rendez-vous, et en n'hésitant pas à "rappeler 8 jours après l'envoi de la lettre" pour vérifier "si elle est bien arrivée", et ce en ayant beaucoup d'égards pour la Secrétaire qui nous répond.
M. Laigo nous précise que, lorsqu'il était recruteur, "les candidatures lui étaient amenées en main propre, quand le candidat rappelait".

A ce propos, il a imaginé une comparaison amusante mais réaliste :
"Les lettres de motivations et les entretiens, c'est de la drague... mais de la drague de qualité basée sur un dialogue. Imaginez une jeune homme qui, la première fois que vous le voyez, ne ferait que parler de lui pendant une heure : il y a fort à parier que la rencontre s'arrêterait là !"
Il est évident que l'entretien s'inscrit aussi, et même à plus forte raison puisqu'il précède l'éventuelle signature d'un contrat, dans ce schéma du "vous + moi = nous".


- 4) Un critère clé de sélection : les "potentialités";
Tous les candidats ont à leur actif un certain nombre de qualités et d'acquis, mais c'est avant tout sur les "potentialités" que les recruteurs vont baser leur sélection.
Ces potentialités s'expriment à quatre niveaux :
au niveau physique, intellectuel, ainsi qu'au niveau des sentiments et des valeurs.
Et elles sont mises en relief, en premier lieu, par les activités extra-professionnelles.


- 5) CV : le "Divers" est donc une partie essentielle.
Cette question rejoint la précédente : la partie "DIVERS" du CV constitue une mine d'informations sur la personne et ses potentialités.
Je me permettrais à nouveau de reprendre mon modeste exemple personnel, les exemples retenant toujours l'attention:
Lors de mon entretien d'embauche dans cette associaion, où j'effectue d'ailleurs un travail aussi complet qu'intéressant, les recruteurs m'ont interrogé pendant plus d'un demi-heure sur mes divers investissements en tant que bénévole dans des associations de danse.
Monsieur Laigo souligne que les activités artistiques, précisément, mais aussi le sport, les activités associatives et les passions reflètent en particulier une aptitude à "l'effort" et la persévérance...


Voici les principaux enseignemenrts qui nous ont été aimablement transmis par Monsieur Laigo.